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Histoire
d'Hier à Aujourd'hui Hommes Célèbres Le Tacot de la Vallée Sacrifiés pour notre Liberté

 

En souvenir de ces personnes qui ont donné de leur vie

 pendant la guerre de 14-18 et celle de 39-45 pour notre Liberté.

 

Charles LECUVE et L'Abbé MATHIEU

 

Rue Charles LECUVE et rue Abbé MATHIEU, deux noms parfaitement inconnus pour qui n'est pas originaire d'ALLARMONT.

Or ces deux personnes furent victimes des soldats allemands lors de la guerre de 14-18.

Le livre de Louis SADOUL de 1928 « Les Drames de la Vallée de Celles (août et septembre 1914)» raconte ces tragiques évènements :

 

« Le 20 août 1914, après les échecs de Morhange et de Sarrebourg, la 1ère et la 2ème armée française reculèrent. Les troupes françaises qui tenaient la région du Donon auraient pu s'y maintenir, mais elles durent obéir à un ordre de repli général.

 

Les chasseurs de la 13ème division et les fantassins des 21ème et 109ème régiments firent retraite par la vallée de Celles pour ne s'arrêter et faire front qu'au-delà de Raon l'Etape, dans les bois de la Chipotte. Dans la vallée il n'y eut que des engagements d'arrière-garde.

 

Le 22 août, à 17 heures, les Allemands, derrière nos troupes en retraite, entrent à Raon sur Plaine ;  il y cantonneront jusqu'au 24 août à 8 heures.

Ce sont les troupes qui ont combattu au Donon ; la 28ème division de réserve aux ordres du général von Pawel. Elle appartient au XIVème corps de réserve, celui du grand-duché de Bade, et se compose des 40ème, 109ème, 110ème et 111ème régiments d'infanterie de réserve.

 

Le 23 août, entre 9 et 10 heures, une patrouille allemande, extrême pointe d'avant-garde, entre à Luvigny... Là les Allemands prennent en otage un conseiller municipal, Pierre BOLLE, faisant office de maire (maire et adjoint étant mobilisés) et le curé, l'abbé Pierre BUECHER, d'origine alsacienne, qu'ils emmènent à Raon sur Plaine.

...Puis entre midi et une heure, ils arrivèrent à Vexaincourt. Un détachement du 111ème d'infanterie était suivi par le gros des troupes...

...Les Allemands se rendent tout de suite chez le maire et l'emmènent faire le tour du village ; tout est calme, rien d'anormal n'est constaté. Ils laissent le maire rentrer chez lui....

...Tout à coup, des coups de fusil éclatent dans la direction de l'église. Les Allemands pris de folie furieuse se précipitent dans les maisons, s'emparent du premier homme qui leur tombe sous la main... Dans le même moment le maire est arrêté. Après un bref et sommaire interrogatoire, les deux hommes seront fusillés et le village sera brûlé. 63 maisons sur 105 n'existaient plus...

 

...Dans le même après-midi, le maire et le curé de Luvigny furent exécutés à Raon sur Plaine derrière l'hôtel du Donon...

 

...Le soir du 23 août, vers 8 heurs et demie, des soldats se présentaient chez le maire d'Allarmont, Monsieur Charles LECUVE et chez le curé, l'abbé Alphonse MATHIEU. L'attitude des militaires est en apparence calme et correcte, le sous-officier qui commande dit au maire de ne point s'inquiéter, il lui recommande même de s'habiller chaudement et lui laisse prendre un couverture que donne Mme Lecuve à son mari. Même attitude chez le curé. A la domestique qui s'inquiète, un soldat répond : rassurez-vous –Nicht mal -. Les deux otages sont alors emmenés et gardés à vue toute la nuit, soit à la mairie, soit à l'église, on n'a pu préciser. Le lendemain matin, 24 août, au début du jour, à cinq heures du matin, ils sont emmenés et Mme Lecuve voit passer son mari au milieu des soldats. Charles Lecuve lui remet sa couverture et lui demande sa montre en argent. Il ne semble pas qu'à ce moment le maire et le curé avaient déjà été prévenus du terrible sort qui les attendait.

 

Le triste cortège s'en va vers Celles. On n'aperçoit dans ce village les deux otages que vers huit heures et demie. Que s'était-il passé dans l'intervalle ? Avaient-ils subi un semblant d'interrogatoire, un simulacre de jugement ? De ces faits, il n'est point de témoin. Les soldats arrêtent les otages devant la maison Cartier-Bresson. Mlle Delcominette, pour les réconforter, veut leur offrir du vin. L'officier, chef du détachement, permet seulement un verre d'eau pure, puis il emmène le maire et le curé dans l'intérieur du village.

 

Non loin de là, allait se passer la scène décisive. A la fenêtre de sa maison, Charles Lecuve a aperçu M. Mougeolle, directeur de l'usine Cartier-Bresson. Il l'interpelle et crie à l'officier : »demandez donc des renseignements ! » Au même moment vint à passer un officier de haut rang, suivi d'un état-major nombreux. A sa vue, les soldats poussent des hourras enthousiastes. Un bref colloque a lieu entre le général et l'officier qui conduit les prisonniers. Charles Lecuve, que son énergie n'a point abandonné, s'adresse au général. « On nous amène ici d'Allarmont, dit-il. Je suis innocent, et je demande à me défendre. J'offre au besoin une caution de 100.000 marks ». De l'innocence de Charles Lecuve et de l'abbé Mathieu, les Allemands ne peuvent point douter. Si même des coups de fusil ont été tirés sur leurs troupes à Vexaincourt, le maire et le curé d'Allarmont ne peuvent avoir pris une part quelconque à une résistance contraire aux lois de la guerre. A ce cri d'innocence, le général ne répondit même pas. Il fit de la main un geste rapide comme pour dire : « En voilà assez, finissons-en », puis il partit au galop.

 

Une légende se créa vite dans le pays. On voulut voir en ce général le grand-duc de Bade en personne. Un officier de réserve, juge de paix à Saverne, avait même été le premier à le raconter. En réalité, aux dires des officiers allemands, il s'agissait du général commandant le corps d'armée, le XIVème de réserve, le général von Schubert, ou plutôt du général von Pawel, commandant la 28ème division de réserve.

 

Le drame va maintenant se précipiter. L'officier fait rebrousser chemin au détachement, il conduit Charles Lecuve et l'abbé Mathieu à la sortie du village, vers Allarmont. On s'arrête un peu après la maison Prosper Lang, au chemin de la Soye, qui va de Celles à Pierre-Percée, et là, le peloton d'exécution fusille à bout portant les deux malheureux.

 

De cette exécution, on a rapporté des détails, Charles Lecuve, a-t-on dit, aurait refusé de se laisser bander les yeux, il aurait enlevé lui-même son veston et serait tombé en criant : « Vive la France !». Le curé récitait à haute voix les prières des agonisants et aurait dit ces derniers mots : «Je demande à Dieu de pardonner à mes assassins ». Ces détails que colporte la rumeur publique sont-ils exacts ? Aucun témoin n'a pu m'en garantir l'authenticité. Ce qui est par contre certain, c'est que le maire et le curé sont morts courageusement, pour leur pays, nobles victimes des lois sauvages que l'Allemagne avait placées en tête de ses règlements de guerre.

 

Les cadavres restèrent étendus sur le lieu de leur supplice. Ils ne furent relevés que le 26 et ramenés alors à Allarmont, où ils furent inhumés le 27 août. Les cadavres avaient été dévalisés. Le porte-monnaie et la montre d'argent que Charles Lecuve avait demandées à sa femme avaient disparu. On retrouva toutefois sous la soutane du curé une ceinture de cuir qui contenait 400 francs en or. »

 

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La Turbine, ancienne scierie, au carrefour des routes de la vallée et de la direction de Badonviller, isolée, propice à cacher, à abriter les aviateurs prisonniers et résistants, était habitée par les époux Marchal. La Maria et le Léon sont tombés devant leur maison, victimes de dénonciation, le 16 septembre 1944.

 

 

Le 22 août 1944, Camille ROUGIER, sagard de la scierie communale, est arrêté, interrogé, torturé et déporté. Il est mort au camp de Belsen-Bergen, le 20 février 1945.

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   Le jeune Maurice PARISSE, 18 ans, de Vexaincourt s'est fait prendre en mission pendant qu'il ravitaillait les maquis du Haut du Bon Dieu et du Jardin David. Arrêté, interrogé, molesté, il est emmené à la Sciotte où d'autres clandestins sont également arrêtés. Après avoir été torturé, il est emmené au village à la salle des pompes où d'autres hommes y sont regroupés et gardés. Aux mêmes dates, un Polonais, parvenu dans le Massif Vosgien, venu de nulle part, arrêté par une patrouille, est emmené à 4 heures du matin à la salle des pompes avec les autres, puis conduit avec le Maurice PARISSE à la Turbine pour y être fusillé. La stèle porte le nom de Maurice Parisse et un inconnu ; l'inconnu est bien le polonais, c'était le 18 août 1944.

  

Le 19 août 1944, six suppliciés sont conduits sur une petite plate-forme à une centaine de mètres au-dessus de la route du Grand Gouty, à la verticale de la stèle, pour y être fusillés. Par un merveilleux coup du sort, l'un d'eux a réussi à s'enfuir et s'en est tiré. Il a été récupéré par la famille HENRIQUEL qui l'a fait passer au maquis de Viombois par les réseaux habituels. Mais les cinq autres résistants sont tombés sous les balles allemandes : Charles BEAUMONT - Emile CHRISMANN, garde forestier de Vexaincourt - Henri COUSIGOU, de Tonquedec (Côtes du Nord) – Adolphe MUNSCH, de Ranspah (Haut Rhin) et Marcel POURCELOT, de Petitmont.

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Le même jour, le 19 août 1944, deux résistants ont été fusillés dans le dos à la Haute-Sciotte : Henri FERRAND, de Bourges et un inconnu.

   

 Le Père PENNERATH

On peut lire son nom gravé sur une plaque fixée sur un pilier à l'entrée de l'église, ainsi que sur le Monument aux Morts d'Allarmont : Justin PENNERATH, 1902-1944, 42 ans.

L'Abbé Pennerath a été de 1942 à 1944 curé d'Allarmont.

C'était un prêtre mosellan, aumônier du couvent St Ulrich près de Sarrebourg, expulsé par les Allemands le 28 juillet 1941.

En 1944, les Allemands décident d'établir une ligne de résistance au Donon et pour cela entreprennent de purger notre région des maquis qui occupent les massifs forestiers.

Les prêtres sont tout naturellement suspectés d'entretenir des rapports avec les maquis et de participer à leur ravitaillement.

Le Père Pennerath est arrêté par les SS en octobre 1944, on lui reproche d'avoir hébergé des prisonniers évadés. Les Allemands pour lui arracher des aveux lui auraient placé la tête dans du purin.

le Père Pennerath a été interné au camp de travail de Schirmeck. Il avait payé le prix fort pour ne pas avoir parlé lors des interrogatoires par les SS : condamné à mort, sans illusion sur son exécution prochaine, il se préparait en priant.

Il avait passé le 25 novembre 1944 un court message à sa famille "je suis seul en cellule, pas d'air, pas de lumière, pas d'espace. La nourriture est parcimonieuse et me permet à peine de respirer. Je pourrais dire beaucoup sur les mauvais traitements. Mon moral se soutient grâce à la prière".

Lors de la libération de Schirmeck, les Allemands avaient réussi quelques heures auparavant à évacuer leurs prisonniers. Quelques jours après ce message, le Père Pennerath était exécuté à Gagenau en Allemagne avec 23 autres condamnés à mort. Il avait dû creuser la fosse commune avant de recevoir la mort.

Et n'oublions pas, ces nombreux soldats originaires d'Allarmont, morts pour la France lors des différentes guerres. Leurs noms sont gravés à jamais sur le Monument aux Morts en face de l'église et celui au centre du cimetière.

 

Le texte explicatif au sujet des stèles est tiré du livre de Monsieur Michel SAYER, un enfant du village : 

"La guerre dans les Vosges à l'âge des jeux de billes" et complété par Monsieur Pierre HENRIQUEL, autre enfant du pays.